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Rapport parlementaire relatif à la contraventionnalisation du cannabis : Dans l’attente d’une politique de prévention renforcée

COMMUNIQUE DE PRESSE

Ce mercredi 24 Janvier 2018, les députés Robin Reda et Eric Poulliat, membres de la mission d’information relative à l’application d’une procédure d’amende forfaitaire au délit d’usage illicite de stupéfiants, créée en Août 2017, présentent officiellement leur rapport au gouvernement. En cohérence avec la proposition d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, ils préconisent la mise en place d’une amende forfaitaire en cas d’usage simple de stupéfiants. L’objectif poursuivi est unique et assumé : l’allègement de la charge de travail des policiers et des juges.

En réaction à ce rapport parlementaire, HAUTS-DE-FRANCE ADDICTIONS s’interroge : La consommation de cannabis ne poserait donc qu’un problème d’ordre public ? Quid de la prévention de la consommation de cannabis et de la prise en charge des personnes dépendantes ?

HAUTS-DE-FRANCE ADDICTIONS souligne l’obsolescence de la mesure propoée du fait de l’évolution du commerce illicite qui se développe aujourd’hui sur internet. En parallèle à ce dépassement technologique, il est important de rappeler que les usagers réguliers de cannabis représentent 1.4 millions de Français, quand les interpellations ne touchent que 140 000 personnes. D’autre part, cette mesure appelle à réfléchir sur le rôle des policiers quant à l’orientation des personnes consommatrices de cannabis vers des lieux de prises en charge anonymes et gratuites tels que les Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC).

Par ailleurs, HAUTS-DE-FRANCE ADDICTIONS interpelle le pouvoir politique sur les conséquences sanitaires et sociales de la consommation de cannabis et sur l’absence d’une politique de prévention forte qui nécessite de réels investissements. La mesure proposée ne concerne pas les mineurs, or il est avéré que c’est pendant l’adolescence que près de 80% des expériences de consommation de produits addictifs se réalisent. Il apparait donc essentiel de donner les moyens aux acteurs afin de mener une politique ambitieuse de prévention des comportements à risque, en particulier dans les établissements scolaires.

L’ouverture d’un débat de société est indispensable afin de réduire les risques liés à la consommation de cannabis. Pour cela, HAUTS-DE-FRANCE ADDICTIONS rejoint l’unanimité des acteurs de l’addictologie pour œuvrer vers une légalisation contrôlée. La consommation de cannabis est un problème majeur de santé publique et nécessite donc une réponse globale de la part des pouvoirs publics, et non tournée uniquement vers l’ordre public.